Le renouvellement des terrasses au fil des siècles
L’histoire viticole du Rhône nord connaît un cycle de vitalité, de déclin et de renaissance. Entre le XIXe et le début du XXe siècle, le phylloxéra mais aussi l’exode rural détruisent parfois jusqu’à 80 % des terrasses (source : Inter Rhône, Comité Vins Rhône). Nombre de “chaillées” sont envahies par la friche et la forêt. Puis, à partir des années 1970-1980, face à la reconnaissance croissante des grands crus, commence la lente réhabilitation des ouvrages.
Les chantiers de restauration font appel à des muraillers, artisans spécialisés, parfois avec l’aide de subventions publiques ou du mécénat. Ces opérations sont lentes, coûteuses, mais absolument vitales pour préserver la diversité parcellaire (parfois de minuscules carrés de moins de 50 m²) et pour éviter les coulées de boue dévastatrices lors de gros orages.
Certaines propriétés pionnières, comme E.Guigal à Côte-Rôtie, Paul Jaboulet Aîné à Hermitage ou Jean-Luc Colombo à Cornas, ont fait œuvre de mécénat en restaurant des hectares entiers de terrasses. Mais nombre de petits vignerons, parfois à Armancette ou Chavanay, perpétuent ce chantier par conviction, bravant les difficultés de l’entretien manuel.